10/11/2025

Alimentation et vieillissement : l’essentiel pour préserver sa santé au fil des années

Comprendre les besoins nutritionnels après 60 ans

Avec l’âge, le corps évolue et ses besoins changent. Le métabolisme ralentit, la masse musculaire diminue (sarcopénie), l’appétit peut baisser, et certains troubles, comme la perte de goût, l’altération de la dentition ou des troubles digestifs, compliquent parfois les prises alimentaires. Parallèlement, certains besoins augmentent ou se précisent.

  • Protéines : Après 60 ans, il devient nécessaire d’augmenter les apports en protéines pour limiter la fonte musculaire. Santé publique France recommande 1 à 1,2 g de protéines par kg de poids corporel par jour, contre 0,8 g pour l’adulte plus jeune (ANSES, 2021).
  • Calcium et vitamine D : Indispensables pour la solidité osseuse et la prévention de l’ostéoporose, dont le risque augmente avec les années. Un apport de 1200 mg de calcium/jour et une complémentation en vitamine D sont souvent nécessaires (Assurance Maladie).
  • Fibres : Elles jouent un rôle clé contre la constipation et dans la prévention des maladies cardiovasculaires.
  • Hydratation : La sensation de soif diminue avec l’âge, alors même que les risques de déshydratation sont accrus. Il faut viser entre 1,5 et 2 L/jour (eau, tisanes, soupes…).
  • Contrôle de l’apport énergétique : Les besoins caloriques baissent, rendant crucial de privilégier la qualité sur la quantité.

Selon une étude publiée dans The Lancet en 2022, près de 80% des pathologies chroniques rencontrées après 65 ans peuvent être retardées par des habitudes alimentaires adaptées (The Lancet).

Quels aliments privilégier pour bien vieillir ?

Au-delà de recommandations générales, il existe des familles d’aliments à favoriser pour accompagner le vieillissement, tant sur le plan physique que cognitif.

Protéines, alliées du maintien musculaire

  • Viandes maigres, œufs, poisson : Les poissons gras (sardine, maquereau, saumon) apportent des oméga-3, qui participent aussi à la prévention des maladies neurodégénératives.
  • Produits laitiers : Fromage blanc, yaourt nature, lait demi-écrémé. Privilégier les versions non sucrées.
  • Protéines végétales : Lentilles, pois chiches, haricots rouges, associées à des céréales (riz, blé) pour garantir une bonne couverture en acides aminés.

Fruits et légumes : couleurs et fibres au quotidien

  • Variété et saisonnalité : viser 5 portions par jour, voire plus. Selon l’INCA 3, seuls 27 % des 55-79 ans atteignent ce rythme (Santé publique France).
  • Privilégier les légumes crus et cuits pour bénéficier à la fois des vitamines et des fibres.
  • Adapter les textures en cas de difficultés de mastication : compotes, purées, soupes épaisses.

Les “bons” gras : pour le cœur et le cerveau

  • Huiles végétales variées : colza, olive, noix, riches en oméga-3 et antioxydants.
  • Poissons gras : au moins 2 fois par semaine.
  • Fruits à coque : noix, amandes (sans excès, une poignée par jour, non salés et non grillés).

A contrario, limiter les graisses saturées, souvent présentes dans plats industriels, charcuteries et produits transformés.

Sucres et sel : le piège du superflu

  • Privilégier les féculents complets (pain intégral, riz brun) pour limiter l’index glycémique.
  • Réduire la consommation de sucre ajouté et de sel. En France, une personne de plus de 65 ans consomme en moyenne 8,5g de sel par jour, au-delà des 6g recommandés (ANSES).

Focus sur les enjeux liés au vieillissement : prévenir les déficiences et maladies chroniques

Prévenir la dénutrition : un défi crucial

En Loire-Atlantique, comme ailleurs, 5 à 10 % des personnes âgées vivant à domicile et jusqu’à 40 % en EHPAD souffrent de dénutrition, selon l’HAS (HAS). Cela se traduit par une perte de poids involontaire, une faiblesse musculaire, une immunité abaissée, et un risque augmenté d’hospitalisation.

  • Surveiller régulièrement son poids, même en l’absence de balances sophistiquées.
  • Fractionner les repas : 4 à 5 petits repas peuvent être mieux tolérés que 3 copieux.
  • Enrichir l’alimentation avec du fromage râpé, de la poudre de lait, de la purée oléagineuse, des œufs, pour augmenter sans effort la densité calorique et protéique.

La lutte contre la dénutrition est un axe prioritaire des politiques publiques, avec des campagnes dans les établissements et des outils pour dépister précocement la perte d’appétit et de poids.

Protéger la santé cardiovasculaire

  • Limiter les graisses saturées et privilégier les fibres pour réduire cholestérol et tension artérielle.
  • Manger du poisson gras et des huiles riches en oméga-3.
  • Ne pas négliger l’activité physique, complément indispensable au bénéfice d’une alimentation équilibrée.

D’après l’Assurance Maladie, l’alimentation et l’activité physique pourraient réduire le risque de maladies cardiovasculaires de près de 30 % chez les 65 ans et plus (Assurance Maladie).

Soutenir la santé cognitive : nutrition et cerveau

Certains nutriments sont essentiels au fonctionnement cérébral : oméga-3, vitamines du groupe B, antioxydants (vitamines E, C, polyphénols présents dans fruits rouges, légumes verts, cacao…). Selon l’INRAE, une alimentation méditerranéenne serait associée à un risque réduit de démence de 23% chez les seniors (INRAE).

Adapter son alimentation au quotidien : conseils pratiques

  • Respecter son appétit et écouter les signaux de faim ou de rassasiement : Manger à heure fixe, sans culpabiliser en cas de petite faim ou d’envie de sucré si la qualité nutritionnelle du reste des repas est bonne.
  • Adapter textures et consistances : mixer, râper, écraser pour éviter toute exclusion alimentaire à cause de problèmes dentaires ou de déglutition.
  • Simplifier les gestes culinaires : utiliser des plats faciles, cuisiner à l’avance, opter pour la livraison de repas adaptée (de nombreuses solutions existent en Loire-Atlantique, comme Accueil Paysan ou les dispositifs Portage de Repas).
  • Favoriser la convivialité : partager un repas même occasionnellement, solliciter les proches, les voisins ou participer à des ateliers cuisine proposés par certaines communes.
  • Rester attentif à la qualité des courses : prendre le temps de lire les étiquettes, éviter au maximum les produits ultra-transformés.

Les erreurs fréquentes à éviter après 60 ans

Malgré la bonne volonté, certaines habitudes peuvent s’installer, nuisibles à la santé :

  • Sauter des repas par manque d’appétit : cela accentue la sarcopénie et la dénutrition.
  • Réduire trop les matières grasses : le cerveau et le système hormonal en ont besoin.
  • Exclure des groupes alimentaires entiers sans raison médicale : sauf intolérance avérée, il est préférable de garder une alimentation variée. Éviter le “sans lait", “sans gluten” systématiques sauf indication.
  • Négliger la boisson : même sans soif, il faut continuer à boire régulièrement.
  • Penser que l’âge “autorise” toutes les gourmandises : le plaisir reste important, mais l’excès de sucres, d’alcool ou de sel demeure dangereux.

La Loire-Atlantique, un territoire propice à bien manger ?

Le département bénéficie d’une diversité de produits frais, locaux, issus de l’agriculture maraîchère (côte de Jade, marais de Brière, marchés de Nantes ou Guérande). De nombreux circuits courts sont accessibles, avec une offre adaptée aux seniors à domicile comme en EHPAD. Les projets de “tables partagées” (par exemple à Saint-Nazaire, Châteaubriant) encouragent justement les aînés à garder le plaisir de “bien manger”, facteur clé de prévention de la solitude et de l’isolement.

Ressource locale Bénéfices pour la santé Astuce d’intégration
Moules de bouchot, sardines de la Turballe Riche en protéines, oméga-3, fer À la vapeur ou en rillettes maison sur tartine complète
Fraises de Pornic, pommes de Loire Vitamines, antioxydants, fibres En salade de fruits ou compote sans sucre ajouté
Légumes du marais de Brière Fibres, minéraux, faible densité calorique En soupe, purée ou légumes rôtis

Lien utile pour découvrir les marchés et circuits courts près de chez vous : Loire-Atlantique Marchés Locaux

Pour aller plus loin : ressources et accompagnement

Prendre soin de son alimentation en vieillissant, c’est investir dans son capital santé et maximiser ses chances de rester autonome plus longtemps. Bien manger ne se résume pas à une liste d’interdits ou de prescriptions : il s’agit d’un plaisir et d’un outil précieux pour entretenir le lien social, garder la vitalité et traverser les années avec sérénité.

En savoir plus à ce sujet :

Tous droits réservés | © Copyright ehpadmonrepos.fr.