Viager : une solution originale pour financer l’EHPAD en Loire-Atlantique ?
Pourquoi le financement de l’EHPAD est-il un défi pour de nombreuses familles ? L’entrée en EHPAD représente un tournant majeur pour de nombreuses personnes âgées...
Mon Repos en Loire-Atlantique
L’isolement social des personnes âgées gagne en importance, porté par le vieillissement de la population et l’érosion des liens traditionnels. Selon le rapport « Isolement des personnes âgées » de la Fondation de France (2023), environ 530 000 aînés de plus de 60 ans sont en situation de « mort sociale » en France, c’est-à-dire sans aucun contact régulier avec leur famille, leurs voisins ou des amis. Or, l’isolement est un facteur aggravant de la perte d’autonomie, du repli sur soi et parfois de situations de danger lors d’événements exceptionnels (canicule, grand froid, pandémie, etc.).
Dans les territoires ruraux comme urbains, les mairies jouent un rôle central pour le repérage des personnes âgées isolées. Cette mission s’est renforcée après l’été 2003, dramatique pour les seniors : 15 000 décès supplémentaires lors de la canicule, essentiellement parmi les personnes âgées isolées à domicile (source : Santé Publique France).
Après la crise sanitaire de 2003, la législation française a imposé un certain nombre d’obligations aux communes, notamment l’article L116-3 du Code de l’Action Sociale et des Familles. Il oblige chaque mairie à tenir un registre nominatif des personnes vulnérables vivant à domicile. Ce registre permet d’organiser une veille, notamment lors d’alertes canicule ou grand froid, mais il reste mobilisable toute l’année.
Identifier les personnes âgées réellement isolées reste difficile. Plusieurs outils et méthodes complémentaires sont déployés par les communes, chacun ayant ses spécificités et ses limites.
Le registre est généralement tenu au sein du Centre Communal d’Action Sociale (CCAS). L’inscription est possible en mairie, par téléphone ou parfois en ligne. Certaines communes proposent aussi un formulaire dans leur journal municipal ou lors d’événements. L’accessibilité de la démarche est capitale, mais beaucoup de personnes ne savent pas qu’elles peuvent s’inscrire, ou refusent de le faire par peur d’être « surveillées » ou « stigmatisées ».
La mairie sollicite différents acteurs pour « repérer » les personnes à inscrire :
À Nantes, le dispositif « Allô Fragilités » permet de détecter et référencer des situations d’isolement signalées par tout citoyen ou professionnel sur un numéro dédié.
Lors de pics de chaleur ou d’épisodes de froid, les mairies déclenchent une « veille téléphonique » auprès des personnes inscrites. Mais certaines vont plus loin, en conviant à des campagnes d’appels proactifs hors période de crise. Selon l’Observatoire national de l’Action Sociale, 62% des villes de plus de 10 000 habitants effectuent au moins un appel préventif annuel entre avril et juin.
Ces campagnes permettent non seulement d’actualiser la liste, mais aussi de rompre l’isolement, d’évaluer si une aide ou un accompagnement serait nécessaire, et parfois de créer une première relation de confiance.
Un rapport sénatorial de juillet 2023 estimait qu’environ un quart des personnes vulnérables ne figureraient sur aucun registre communal. L’enjeu d’un meilleur repérage reste donc encore d’actualité.
Des expériences locales démontrent que l’innovation peut ouvrir de nouvelles voies pour repérer l’isolement :
Toutes ces initiatives partagent un enjeu commun : décloisonner la veille sur les personnes âgées isolées pour qu’elle devienne l’affaire de tous.
Le département de Loire-Atlantique, avec environ 220 000 personnes de plus de 60 ans (Insee 2020), n’échappe pas à l’enjeu. Plusieurs communes s’appuient sur :
À Nantes, la mairie a mis en place une coordination mensuelle où chaque acteur (aide à domicile, bailleur, association, police municipale) fait remonter les situations inquiétantes. Ce travail collectif porte ses fruits : en 2022, plus de 3 800 personnes âgées ont été contactées en période de canicule, dont 500 sur signalement citoyen.
L’identification des personnes âgées isolées n’est pas une démarche intrusive, mais un acte de prévention et de solidarité. Elle permet outre l’urgence (canicules, périodes de crise sanitaire), de construire un lien dans la durée, d’apporter du réconfort, voire de proposer des activités qui remotivent à sortir de chez soi.
Pour renforcer ce repérage, les experts recommandent de :
L’enjeu est d’autant plus crucial que le « papy boom » – la hausse attendue du nombre de personnes âgées de 75 ans et plus dans la décennie à venir – va accentuer cette réalité. La vigilance locale, humaine et solidaire, constitue la première barrière face à l’isolement de nos aînés. À chaque habitant, à chaque voisin, la possibilité d’être un maillon de cette chaîne attentive.
Sources :