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Mon Repos en Loire-Atlantique
L’évolution démographique, le vieillissement de la population et la hausse des maladies chroniques ont placé les questions de prévention et d’accompagnement sanitaire au cœur des préoccupations locales. En Loire-Atlantique, comme ailleurs en France, les communes sont devenues des actrices incontournables de la promotion de la santé, en complément du rôle de l’État, des Agences Régionales de Santé (ARS) et des associations. Mais comment ces collectivités, au plus près des habitants, s’organisent-elles concrètement pour déployer des initiatives de dépistage ou de sensibilisation accessibles et efficaces ?
Le territoire communal est un échelon pertinent pour toucher l’ensemble de la population, et notamment les publics les plus vulnérables : personnes âgées isolées, familles, jeunes, personnes éloignées des soins… Selon Santé publique France, 38 % des seniors vivant à domicile déclarent ne pas être suffisamment informés sur les ressources en matière de prévention.(1) Les campagnes locales permettent d’anticiper des risques (cancers, diabète, troubles auditifs ou visuels, maladies infectieuses), d’agir contre l’isolement ou d’adapter les comportements (nutrition, activité physique, usage des écrans…).
Toutes les campagnes de prévention efficaces commencent par un diagnostic local. Les communes s’appuient généralement sur plusieurs indicateurs :
À Nantes, par exemple, des ateliers intergénérationnels permettent de faire émerger des thématiques prioritaires, telles que la prévention des chutes, la vaccination contre la grippe ou le dépistage de la déficience visuelle chez les plus de 75 ans.(2)
Les campagnes locales reposent rarement sur la seule énergie de la mairie. Elles s’appuient sur des partenariats pluriels :
Un bon exemple de cette coopération peut être observé pendant le "Mois sans tabac", où les services municipaux, CPAM, médecins et associations locales s’unissent pour sensibiliser et dépister sur un stand en centre-ville ou lors de marchés.
La définition du public cible conditionne le choix des messages, des supports, des lieux et des horaires d’intervention.
Les communes disposent souvent de salles polyvalentes, de médiathèques, d’espaces de vie sociale pouvant accueillir les actions. Elles intègrent aussi dans leur budget (ou via des subventions) les imprévus logistiques : location de matériel, supports de communication, frais de déplacement ou d'interprètes pour les personnes en situation de handicap.
Exemple : à Saint-Nazaire, lors d’une campagne de dépistage du diabète en 2023, près de 280 personnes ont été accueillies en trois jours dans la Maison de quartier de la Chesnaie, grâce à la mobilisation d’une dizaine de professionnels et de nombreux bénévoles.(3)
Cette communication préalable s’avère décisive. La France constate par exemple un léger recul du taux de participation au dépistage du cancer du sein lors de campagnes trop discrètes (INCa : passé de 52% en 2015 à 47% en 2021 en Loire-Atlantique).(4)
Le département se distingue par son engagement, avec plus de 350 actions de prévention recensées en 2022 par le Réseau Départemental de Prévention. Voici quelques illustrations :
Sur Nantes Métropole, la “Semaine Bleue” a rassemblé en 2023 plus de 2 000 participants âgés de plus de 60 ans, autour d’ateliers santé, projections, forums, et stands d’information sur le bien vieillir.
Malgré l’engagement, plusieurs freins subsistent :
Pour contourner ces obstacles, les communes innovent : déplacements d’équipes mobiles dans les hameaux, navettes gratuites lors des journées de dépistage, interprétariat en langue des signes ou documents traduits pour les personnes non francophones. Certains CCAS proposent même des rendez-vous personnalisés à domicile pour les personnes très isolées.
La réussite d’une campagne de dépistage ne se mesure pas uniquement au nombre de participants, mais aussi par l’impact réel sur la santé de la population. Les communes sont de plus en plus nombreuses à mettre en place des outils d’évaluation (questionnaires de satisfaction, remontées d’indicateurs clés, retours des professionnels) pour ajuster le contenu de leurs campagnes.
À titre d’exemple, en Loire-Atlantique, entre 2019 et 2022, la part de seniors ayant bénéficié d’un bilan de prévention à domicile est passée de 9 % à 16 % selon l’Observatoire régional de la santé (ORS Pays de la Loire). Les campagnes locales ont contribué à cette progression.
En 2024, plusieurs communes de Loire-Atlantique expérimentent des approches intégrées : “Villages prévention” sur plusieurs jours, où se croisent stands de dépistage, ateliers pratiques, conférences, animations intergénérationnelles. L’objectif : mixer la prévention santé avec l’échange entre générations, et rompre l’isolement.
Cette mutation s’explique par la volonté de créer une culture de la prévention partagée, ouverte et évolutive, en ne considérant plus les campagnes comme des moments isolés, mais comme une dynamique de territoire et de lien social.