En France, trois grandes catégories d’aides au logement peuvent concerner les personnes âgées :
- APL (Aide Personnalisée au Logement)
- ALS (Allocation de Logement Sociale)
- ASH (Aide Sociale à l’Hébergement) — qui relève de l’aide sociale départementale
Leur application varie en fonction du type de logement. Voici comment chaque aide peut s’appliquer dans le cas des résidences séniors.
1. L’APL (Aide Personnalisée au Logement) et les résidences séniors
L’APL est accordée sous conditions de ressources et permet de réduire le montant du loyer ou de la redevance (pour un logement foyer ou un établissement conventionné). Or, pour être éligible à l’APL, le logement doit répondre à des conditions très précises posées par la Caisse d’Allocations Familiales (CAF) :
- Le logement doit faire l’objet d’une convention signée entre le gestionnaire/propriétaire et l’État (la convention APL),
- Le bénéficiaire doit être locataire ou résidant à titre onéreux,
- Le logement doit respecter les normes de décence.
De ce fait, toutes les résidences séniors ne sont pas forcément conventionnées APL. En Loire-Atlantique, domitisés (source : service-public.fr), moins de la moitié des résidences séniors privées disposent d’un conventionnement permettant d’ouvrir droit à l’APL. Il s’agit principalement de résidences gérées par des organismes HLM, des bailleurs sociaux ou des partenaires publics. Dans les groupes privés, rares sont les établissements qui disposent de cette convention.
À retenir : Dans une résidence sénior privée, il est important de vérifier systématiquement si le bail ou la redevance permet le versement d’une APL. En son absence, c’est vers une autre aide qu’il faudra se tourner.
2. L’ALS (Allocation de Logement Sociale) pour les résidences séniors
L’ALS a été créée pour les logements qui ne sont pas conventionnés APL, mais qui remplissent certaines conditions de décence et d’occupation. Elle bénéficie souvent à des personnes résidant dans des logements privés ou dans des résidences séniors non conventionnées.
- L’ALS est versée selon les ressources, la situation familiale, le montant du loyer “résiduel” à la charge de l’occupant,
- Le logement doit constituer la résidence principale,
- Il doit répondre aux normes de salubrité et être occupé à titre onéreux (bail, contrat de résidence…).
De nombreux retours d’expérience en Loire-Atlantique montrent que l’ALS est fréquemment mobilisée dans les résidences séniors privées, y compris de grands groupes nationaux, car celles-ci ne disposent pas toujours du conventionnement requis pour l’APL. Les montants d’ALS sont généralement inférieurs à ceux de l’APL, et varient considérablement selon la CAF et les ressources de la personne.
Pour donner un ordre de grandeur : en 2022, selon la CAF de Loire-Atlantique, l’ALS moyenne accordée à une personne âgée en résidence sénior était de 220 € par mois, contre 320 € pour une APL accordée dans un EHPAD conventionné (source : CAF).
3. L’ASH (Aide Sociale à l’Hébergement) : un recours sous conditions strictes
L’ASH est une aide financée par le département pour permettre aux personnes âgées à faibles ressources de payer une partie de leurs frais d’hébergement. En Loire-Atlantique, elle concerne surtout les résidents d’EHPAD ou de résidences autonomie bénéficiant d’un agrément.
- Pour être éligible à l’ASH, l’établissement doit disposer d’un habilitation à l’aide sociale délivrée par le Conseil départemental,
- Cette aide peut couvrir le “reste à charge” après intervention des autres aides (APL, ALS),
- Le département peut en demander le remboursement à la succession ou à la famille, selon le barème applicable.
Très peu de résidences séniors privées sont habilitées à recevoir l’ASH, car cela supose de respecter des conditions de tarification et de gestion strictes. Toutefois, certaines résidences autonomie municipales à Nantes, Saint-Nazaire ou dans d’autres villes du département le sont (source : Conseil départemental 44, loire-atlantique.fr).
À noter : L'étude nationale réalisée par la CNSA en 2019 indique que seulement 6 % des hébergements en résidence sénior sont habilités à l’ASH, contre plus de 80 % pour les EHPAD (source : CNSA).