Viager : une solution originale pour financer l’EHPAD en Loire-Atlantique ?
Pourquoi le financement de l’EHPAD est-il un défi pour de nombreuses familles ? L’entrée en EHPAD représente un tournant majeur pour de nombreuses personnes âgées...
Mon Repos en Loire-Atlantique
La question du maintien du lien social en EHPAD est devenue centrale, tant pour préserver la qualité de vie des résidents que pour lutter contre l’isolement. Selon l’INSEE, près de 6000 personnes vivent aujourd’hui en EHPAD en Loire-Atlantique (source), soit une population à part entière dont le bien-être social est un enjeu majeur.
Participer à la vie collective est bénéfique : on observe une diminution des symptômes dépressifs, une meilleure estime de soi, et même une amélioration de l’état de santé physique lorsque l’engagement social est encouragé (Haute Autorité de Santé). Les EHPAD de Loire-Atlantique multiplient, depuis plusieurs années, les initiatives pour que chaque résident garde une place active au sein de la structure et de la société.
La majorité des établissements diversifient leurs ateliers pour toucher un maximum de personnes. En Loire-Atlantique, cela se décline de plusieurs façons :
D’après l’observatoire régional de la santé des Pays de la Loire, 92 % des EHPAD laissent au moins une fois par semaine les résidents choisir leurs activités à partir d’un programme établi en groupe.
Un exemple notable : l’EHPAD de Saint-Viaud développe chaque trimestre des activités intergénérationnelles avec les maternelles du village, favorisant un échange de savoirs et d’enthousiasme, tout en rompant le quotidien.
Élément central de la vie en EHPAD, le Conseil de la Vie Sociale (CVS) est une institution obligatoire (décret n°2004-287 du 25 mars 2004), dont le rôle est trop souvent méconnu des familles. Il permet aux résidents, à leurs proches et aux représentants du personnel, d’avoir un pouvoir décisionnel et de proposer des axes d’amélioration.
Plusieurs EHPAD du département, comme celui de Nort-sur-Erdre, ont intégré les suggestions des CVS pour aménager des “espaces conviviaux”, nés d’un simple besoin exprimé par les résidents, validé et mis en œuvre par l’établissement.
Entre 2020 et 2023, la majorité des établissements du département (source : Fédération des EHPAD des Pays de la Loire) ont intensifié leurs partenariats externes :
L’EHPAD Les Couleurs du Temps à La Baule, par exemple, accueille tous les mois des interventions d’artistes plasticiens, avec une exposition annuelle des œuvres réalisées par les résidents.
Au-delà des activités internes, plusieurs EHPAD de Loire-Atlantique intègrent des sorties dans leurs habitudes :
La mobilité est un enjeu important : l’association Handi’Namique relaie chaque année l’existence de transports adaptés financés par les établissements pour faciliter l’accès aux activités hors-les-murs.
Permettre à tous d’être acteur de la vie sociale, c’est aussi adapter les propositions à l’état de santé et aux envies des personnes. En Loire-Atlantique, le taux de dépendance modérée à lourde des résidents EHPAD avoisine les 60 % (DREES, 2023), ce qui suppose des adaptations constantes.
L’EHPAD Saint-Clair de Nantes va plus loin en rendant anonymes les suggestions d’animations : chacun peut glisser une idée dans une urne, supprimant ainsi la crainte d’exprimer un désir ou un ressenti face au groupe.
Plusieurs études convergent : la participation sociale active retarde la perte d’autonomie et limite l’apparition du sentiment d’abandon. En Loire-Atlantique, une enquête menée auprès de 14 EHPAD montre que 84 % des résidents interrogés se sentent "écoutés et valorisés" sur la question des animations en 2022, soit un taux supérieur à la moyenne nationale (source : ORS Pays de la Loire).
Si la pandémie de Covid-19 a pu fragiliser certaines dynamiques, le rebond a été rapide, avec une multiplication des projets collaboratifs et de l’ouverture à distance (visioconférences, échanges numériques entre familles et résidents).
La question de la participation sociale est en réalité un levier pour une transformation en profondeur des EHPAD. Elle questionne la place de la personne âgée, non plus uniquement comme "personne prise en charge" mais comme actrice à part entière. De nouvelles pratiques émergent, fruits d’une réflexion sur la bientraitance, l’autodétermination et l’inclusion, avec des projets-pilotes menés dans certains EHPAD de Nantes et Guérande.
Les EHPAD de Loire-Atlantique s’affirment, par ces pratiques, comme des lieux de vie et non de retrait : une dynamique qu’il reste à consolider à l’aide de moyens adaptés, d'échanges de bonnes pratiques à l’échelle nationale, mais surtout d’une implication toujours croissante des résidents eux-mêmes et de leur entourage.