Les personnes âgées figurent parmi les publics prioritaires des CLS, tant pour des raisons démographiques que de santé publique : prévention de la perte d’autonomie, accompagnement du bien vieillir et lutte contre l’isolement sont ainsi souvent mis en avant. Les principaux axes d’intervention, issus des plans d’actions locaux, peuvent être regroupés ainsi :
- Promotion de la santé et prévention
- Amélioration de l’accès aux soins et aux services
- Renforcement de la coordination médico-sociale et de la continuité de parcours
- Accompagnement de la fragilité et lutte contre l’isolement
Voyons plus concrètement ce qui est mis en œuvre.
1. Prévention et promotion de la santé : informer et anticiper
La prévention est l’un des piliers des CLS, afin de retarder l’entrée dans la dépendance et de préserver la qualité de vie. En Loire-Atlantique, de multiples campagnes de prévention spécialement ciblées vers les seniors sont organisées en partenariat avec les mairies, les CCAS, les réseaux associatifs et les EHPAD eux-mêmes.
- Ateliers d’équilibre et de prévention des chutes – en particulier en secteur rural où les complications liées aux chutes sont la première cause d’hospitalisation après 80 ans (source : Assurance Maladie).
- Sensibilisation à l’alimentation et à la nutrition adaptée à l’âge avancé.
- Mise en place de programmes mémoire, ateliers d’entraînement cognitif, repérage précoce des troubles démentiels.
- Amélioration de la vaccination (grippe, Covid-19, pneumocoque), particulièrement dans les zones où la couverture vaccinale est inférieure à la moyenne nationale.
Ces actions s’appuient sur des outils de communication accessibles, sur des relai locaux (médiateurs de santé, pharmaciens, bénévoles) et s’adaptent à la diversité des contextes : intergénérationnel en ville, partenariats avec les maisons de quartier, ou par l’itinérance en campagne.
2. Améliorer l’accès aux soins et aux services de proximité
L’accès aux soins reste inégal, palliant par exemple le déficit de médecins généralistes dans certaines zones (« déserts médicaux »), mais aussi facilitant l’intervention des paramédicaux (kinésithérapeutes, infirmiers à domicile, ergothérapeutes…). Les CLS favorisent :
- Le développement de consultations avancées (venues ponctuelles de gériatres ou de spécialistes dans des maisons de santé ou des centres sociaux).
- L’accompagnement vers les dispositifs d’aide administrative, d’accès aux droits, à l’aide à domicile, à la téléassistance.
- Des dispositifs d’aller-vers, par exemple des bus de santé ou des journées de prévention mobiles.
Un exemple concret : sur le territoire du Pays d’Ancenis, la mise en place d’un annuaire partagé des services pour les seniors a permis de guider rapidement les familles vers le bon interlocuteur, évitant errance administrative ou refus de soins par méconnaissance (source : Communauté de Communes Pays d’Ancenis).
3. Coordination entre acteurs et parcours de soins
Le vieillissement s’accompagne souvent de parcours de santé complexes, nécessitant plusieurs intervenants et une bonne transmission de l’information. Les CLS mettent ainsi l’accent sur la coordination, avec des initiatives telles que :
- Des groupes de travail réguliers réunissant professionnels libéraux, EHPAD, SSIAD (Services de Soins Infirmiers à Domicile) et hôpitaux locaux.
- Un développement de « référents parcours » ou coordinateurs gérontologiques, rôle central dans la prévention des ruptures (sortie d’hospitalisation, perte d’autonomie soudaine, etc.).
- L’appui aux plateformes d’appui aux professionnels (type PTA – Plateforme Territoriale d’Appui) pour la régulation des situations complexes.
A Nantes Métropole, ce travail de coordination s’est traduit par la création d’une commission « Grand âge » réunissant chaque année élus, institutions, directeurs d’EHPAD et représentants d’usagers, pour faire émerger collectivement des priorités et lever les blocages administratifs.
4. Lutte contre l’isolement et soutien à l’autonomie
L’isolement est une menace majeure pour la santé et le bien-être des personnes âgées : il est source de déclin fonctionnel, de dépistage retardé et de fragilisation psychologique. C’est pourquoi de nombreux CLS organisent :
- La mise en place de visites à domicile par des bénévoles formés, en lien avec les services d’aides sociales des communes.
- L’animation de réseaux de convivialité et de soutien (clubs séniors, actions intergénérationnelles, « repas partagés »).
- Une attention spécifique lors des périodes critiques : plan canicule, fêtes de fin d’année, confinement Covid-19.
Sur le littoral, une expérience partenariale a permis de développer un réseau de « sentinelles » (commerçants, pharmaciens, voisins) sensibilisés à la détection des situations d’isolement, pour que les signaux d’alerte bénéficient d’un relais auprès des intervenants sociaux ou médecins traitants (source : Mairie de Pornic).